
Même si nous avons très peu aborder ce délire conspirationniste ici, depuis huit ans, une rumeur transphobe d’une absurdité confondante poursuit Brigitte Macron. Elle serait née homme, sous le nom de Jean-Michel Trogneux. Rien de vrai là-dedans. Rien. Nada. Mais comme nous le savons tous, dans l’écosystème complotiste, la vérité n’a jamais été un obstacle, seulement un ptit détail logistique.
Ce mensonge, né sur des forums et recyclé par des ‘enquêteurs citoyens’, est devenu une machine à outrage. On y retrouve les ingrédients classiques : un soupçon de voyeurisme, une bonne dose de misogynie, une pincée de transphobie et surtout une tonne d’opportunistes PayPal. Parce que derrière le délire, il y a un modèle d’affaires, plus tu diffames, plus tu cliques, plus les dons rentrent et plus la haine engendre du fric.
Cette semaine, à Paris, dix personnes passent en procès pour cyberharcèlement. Leur crime ? Avoir transformé une rumeur en campagne d’intimidation publique : vidéos, insultes, montages, insinuations salaces. Et pendant ce temps, aux États-Unis, Brigitte et Emmanuel Macron poursuivent l’influenceuse Candace Owens, celle qui a exporté le mensonge outre-Atlantique et en a fait un fonds de commerce sur YouTube et X.
Soyons clairs : on ne juge pas ici le genre de qui que ce soit, on juge la violence numérique. Le fait de salir, d’humilier, d’inventer des ‘preuves’ pour nourrir la haine. C’est le procès du mensonge rentable, du sensationnalisme algorithmique, de cette économie toxique où chaque indignation devient une publicité déguisée.
Et c’est précisément pour ça que cette affaire nous concerne, au Québec. Parce que les mêmes réseaux, les mêmes narratifs, circulent dans nos fils d’actualité. Les mêmes slogans pseudo-anticorrupteurs, les mêmes attaques contre les femmes, les personnes trans, les journalistes. Sophie Grégoire, l’ancienne épouse de Justin Trudeau a même été la cible du même genre de rumeur.
Alors oui, il faut dénoncer ces diffamateurs en série. Les signaler. Les poursuivre. Les exposer. Pas par vengeance, mais par hygiène démocratique. Parce qu’à force de laisser les charognards tourner autour du mensonge, c’est la confiance publique qui pourrit.
Brigitte Macron n’est pas qu’une victime symbolique, elle est le symptome de ce virus qui ronge la discussion dans l’agora. Si on accepte que des gens puissent salir impunément une personne publique au nom du ‘droit de douter’, demain, ce sera un prof, une mairesse, une étudiante trans ou non, qui seront des victimes de la vindicte populaire.
La rumeur, c’est un virus. Et la seule immunité collective possible, c’est le courage de dire ‘c’est assez’.



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