Quand la culture pop inspire la religion : le Dudeism

« le mieux à faire, c’est de ne rien faire ! »
Get Ordained for Free at the Religion of Dudeism

La culture populaire influence beaucoup nos vies et notre manière d’appréhender le monde réel. Si certains personnages peuvent nous avoir marqués tout au long de notre vie, il peut arriver que certaines icones portent des idées philosophiques qui transcendent l’œuvre et peuvent se traduire en croyance, parfois même en religion ! 

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The big Lebowski est un film américain sortie en 1998 et réalisé par les frères Cohen. Il raconte l’histoire d’un homme, Jeffrey Lebowski (inspiré par le pacifiste américain Jeff Dowd), s’autoproclamant être « The Dude », un marginal en robe de chambre et ayant une philosophie de vie bien à lui, axé sur le bowling, la boisson white russian et son attitude hautement décontractée. Lorsque des truands, le confondant avec un homonyme millionnaire, font irruptions chez lui et urine sur son tapis, sa vie va être rapidement amenant The Dude à vivre une série de péripétie auxquelles il n’était pas préparé.

Dudeism | austins-corner

Fondé en 2005, suivant les idées véhiculées par le personnage de Jeffrey Lebowsky, le croyant dudeist poursuit un objectif de vie bien simple, ne pas s’en faire avec celle-ci. C’est pourquoi le dudeism repose sur des mantras qui sont tout droit tirés des dialogues du film The big Lebowski comme : « Going with the flow », « Taking it easy ». « The Dude Abides » et « Being cool headed », que l’on pourrait respectivement traduire par : « Suit le courant », « Prend ça cool », « Le Dude reste le Dude » et « Ne pas perdre son sang-froid ». Au-delà de l’aspect loufoque de la chose, on peut facilement faire des liens entre cette philosophie de vie et des idées qui sont véhiculées dans le taoïsme, le bouddhisme zen, le nihilisme ou encore dans l’épicurisme. Bien sûr, tout en se gardant bien de se casser la tête avec les mythes de création du monde et autres trucs métaphysiques.

Ironiquement, le dudeism n’est pas une philosophie prônant l’égoïsme, bien au contraire. Un adepte de la pensée du Dude cherche un équilibre dans le fait de « en avoir rien à foutre », tout en évitant de devenir un connard. Ce qui fait que l’on est encouragé à développer des relations amicales et cordiales avec son entourage. Et pourquoi pas, inviter ces gens à faire une partie de bowling. Sans bien avoir une arrière-pensée prosélyte. Parce que, bien sûr, le dudeism est une religion qui proscrit le misionnariat et autres tentatives d’embrigadement des gens dans leur foi. Une des premières choses que l’on constate sur leur site Web (parce qu’ils possèdent un site Web très documenté), c’est la mention que l’objectif de cette religion, c’est que soit celle qui se répande le moins vite. De plus, le dudeism demande explicitement à ses adeptes de s’impliquer le moins possible dans leur foi. Et, c’est tout à fait cohérent avec la pensée de Jeffrey Lebowski !

Une chose à noter, c’est que contrairement à des mouvements comme la Licorne rose invisible ou le monstre de spaghetti volant, le dudeism (ou dans sa version longue Church of the latter Day-Dude) n’est pas une parodie de religion et possède même son chef religieux, le Dudely Lama. Bien sûr, le mouvement se veut quand même critique critique des religions « traditionnels », mais comme on l’a déjà mentionné, elle ne cherche qu’à transmettre des principes existants depuis toujours. Dans un interview, Olivier Benjamin, fondateur du dudeism, explique dans une interview : « Nous aussi, nous nous moquons des conventions des autres religions mais, par contre, nous cherchons à identifier et encourager ce qu’il y a de bon dans le goût de l’être humain pour la religion et mettre le reste à la poubelle avec tous les autres trucs dangereux. »

C’est quand même rassurant de voir que devant l’angoisse crée par un monde moderne axé sur la recherche du succès à tout prix, des gens d’ériger en modèle des principes aussi simples que « take it easy ». Puisqu’au final, il ne faut pas oublier que la seule chose que The Dude veut, c’est récupérer son tapis et retourner à sa petite vie tranquille, consistant à jouer au bowling, boire des white russian, prendre son char pour partir sur des no where et profiter de longs bains chauds en écoutant des chants de baleines. Dans une société où la productivité est érigée en croyance, assumer sa flemmardise, c’est un (non-)acte plein de courage !

Big Lebowski review: why Jeff 'The Dude' Lebowksi is a loser | British GQ |  British GQ
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Pour en savoir plus :

Sources

https://dudeisme.fr/

https://www.streetpress.com/sujet/76032-le-dudeisme-le-mouvement-religieux-inspire-par-the-big-lebowski

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